manifestants à Deraa, le 23 mars 2011

manifestants à Deraa, le 23 mars 2011

Le conflit syrien n'a cessé de prendre de l'ampleur durant ces cinq dernières années. Mais que se passe-t-il réellement dans ce pays depuis 2011? Essayons d'y voir plus clair.

1- Pourquoi cette guerre a-t-elle commencé?

Au printemps 2011 ont eu lieu des manifestations contre le régime de Bachar Al-Assad (dirigeant syrien), Ces mouvements de protestation, motivés par une volonté des manifestants de voir plus de démocratie dans leur pays, ont marqué le point de départ de la guerre civile en Syrie. Il s'est alors engagé un conflit armé entre deux camps: les pro-Assad et les rebelles anti-Assad. Des mouvements islamistes profitent de ce chaos ambiant pour tenter de s'emparer du pouvoir par les armes.

2- Quelles forces combattent?

On distingue quatre forces qui s'opposent:

- Les pro-Assad, qui défendent le régime en vigueur.

- Les rebelles, qui réclament un nouveau gouvernement plus démocratique.

- Les islamistes, qui tentent de prendre le pouvoir (trois mouvements islamistes sont présents et s'opposent entre eux: Jabhat al Nosra, Jaish al Fatah et Daech).

- Les Kurdes (situés au nord du pays), qui souhaitent la création d'un Kurdistan indépendant.

3- Quels pays sont engagés dans cette guerre?

De nombreux pays sont engagés, de près ou de loin, dans cette guerre.

Il y a tout d'abord les pays appartenant à la coalition "occidentale" contre Daech. Au sein de cette coalition, Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni défendent l'opposition syrienne (les rebelles), luttent contre Daech et demandent le départ de Bachar al-Assad.

La Turquie, qui fait elle aussi partie de la coalition, partage les mêmes objectifs mais combat de surcroît les forces kurdes (par peur de la création d'un Kurdistan indépendant).

La Russie et l'Iran, quant à eux, combattent (officiellement) l'opposition syrienne et Daech mais soutiennent Bachar Al-Assad.

Enfin, l'Arabie-Saoudite et le Qatar, au même titre que la coalition, défendent l'opposition syrienne contre Bachar. Mais les deux pays ne participent pas aux combats contre Daech (il faut cependant ajouter que l'Arabie-Saoudite a lancé en décembre 2015 une coalition islamique contre le terrorisme -comprenant 34 pays dont l'Egypte, la Turquie, le Pakistan et le Sénégal- ayant pour vocation notamment de coordonner des actions contre Daech en Syrie).

Les ennemis de mes ennemis, lemonde.fr

Les ennemis de mes ennemis, lemonde.fr

4- Qu'en est-il de la situation sur le terrain?

Lors des rencontres de Munich, les pays engagés dans le conflit ont cherché à établir des cessez-le-feu, mais la situation sur le terrain n'en demeure pas moins extrêmement tendue et toujours hors de contrôle. A l'instar de son voisin irakien, la Syrie est divisée, et la lutte pour la conquête de nouveaux territoires se poursuit inlassablement.

carte AFP, octobre 2015, arte

carte AFP, octobre 2015, arte

5- Si l'on devait dresser un bilan...

Les chiffres qui vont suivre proviennent du Centre syrien pour la recherche politique (CSRP), bilan qui a par ailleurs été relayé par The Guardian, le quotidien britannique.

- 470000 personnes sont mortes en Syrie depuis le début du conflit en mars 2011.

- 11.5% de la population syrienne a été tuée ou blessée pendant la guerre

- 70000 personnes sont mortes, parmi ces 470000, en raison du manque d'eau potable, de nourriture ou de médicaments.

- 13000 personnes sont mortes sous la torture.

- 178 hôpitaux ont été détruits.

- 55 ans, c'est l'âge de l'espérance de vie en Syrie en 2015 (il était de 70 ans en 2010).

- 225 milliards d'euros correspondent aux pertes économiques liées au conflit.

6- Exode et crise des réfugiés

Le conflit syrien a engendré un exode massif des populations. Les pays du Proche Orient et l'Europe doivent en effet faire face à l'afflux de 10 millions de Syriens qui fuient la guerre. Aujourd'hui, la répartition des réfugiés syriens dans le monde est pour le moins inégalitaire puisque 95% des réfugiés se trouvent dans les pays du Proche Orient (dont la Turquie, le Liban, la Jordanie, l'Irak et l'Egypte) contre seulement 5% dans le reste du monde (l'Allemagne a accueilli 1.5 millions de réfugiés en 2015 dont la moitié vient de Syrie.La Suède et le Danemark ont rétabli des contrôles à leurs frontières afin de réguler l'afflux de réfugiés. Les pays du Golfe -dont le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Koweït et le Bahreïn- et la Russie, le Japon, Singapour, la Corée du Sud n’ont offert aucune place d'accueil pour les réfugiés syriens).

On estime à l'heure actuelle que 10 millions de Syriens ont été déplacés, ce qui représente 45% de la population syrienne.

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