Les candidats se saluent avant l'affrontement...

Les candidats se saluent avant l'affrontement...

Restant discrets sur les affaires judiciaires des uns et des autres, Mélenchon, Hamon, Macron, Fillon et Le Pen ont débattu pendant 3 heures durant. Une rencontre inédite où les « petits candidats » n’étaient pas conviés…

 

A chacun sa partition. Pour leur minute trente de présentation, chaque candidat a abattu ses propres cartes. Expérimenté, François Fillon s’est érigé en homme d’Etat prônant le « redressement national ». Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ont, quant à eux, mis l’accent sur les propositions phares de leurs programmes. Le 1er a évoqué la mise en place d’une VIème République tandis que la seconde s’est présentée comme « garante de l’indépendance nationale » contre l’Europe. Benoît Hamon s’est adressé aux Français en leur demandant « quel peuple voulez-vous être le 7 mai ? ». Il en a aussi profité pour s’engager à être, à l’instar de François Hollande, un président « juste ». Emmanuel Macron s’est, pour sa part, posé comme le candidat hors-système de cette présidentielle, soignant son image d’homme neuf désireux de « dépasser les lignes » et les « clivages anciens ».

 

« Quel modèle de société pour la France ? ». Sur ce 1er thème, des différences notables. Concernant l’éducation et la justice, le candidat LR s’est posé en « père la rigueur », observant que les autres candidats demandent « toujours plus d’effectifs » dans un « Etat en faillite ». L’ex banquier s’est dit « pragmatique », dénonçant les excès de la représentante FN qui « agite les peurs ».

Sur les questions de justice, les candidats de « la France insoumise » et du PS souhaitent réconcilier les citoyens et la police. Restant dans la lignée des programmes socialistes, Benoît Hamon a affirmé sa volonté de promouvoir la police de proximité et d’expérimenter les récépissés de contrôle d’identité.

 

« Vous êtes droguée aux pages faits-divers »

 

Concernant la crise migratoire, Marine Le Pen a employé un langage guerrier : « réarmer », « assassins », « lit de douleur », « milices ».

Benoît Hamon en a profité pour l’attaquer : « Vous êtes droguée aux pages faits-divers ».

Moins pugnace, Emmanuel Macron n’a pas manqué de la critiquer. Interpellé par la candidate FN sur l’affaire du burkini, l’ancien haut-fonctionnaire est sorti de son calme. « Votre piège, c’est que vous divisez la société » lui a-t-il lancé d’un ton incisif.

Jean-Luc Mélenchon a insisté sur le fait que "les gens ne partent pas par plaisir" de pays en guerre et qu’il faut traiter les migrants "comme on aimerait être traités si l'on était chez eux". Les autres candidats ont semblé en retrait sur ce point.

Après une heure de débat, certains prétendant à la présidence de la République ont pris l’ascendant. Ceux des extrêmes, fins rhétoriciens, se sont montrés les plus tranchants. Benoît Hamon est parvenu à sortir son épingle du jeu en s’opposant à la frontiste. Au risque de paraître effacés, les 2 autres candidats ont préféré jouer la carte du sérieux.

Au fil du débat, les attaques se concentrent sur l’ancien Ministre de l’économie. Deux mots reviennent dans les discours de ses concurrents : « lobbies » et « argent ». Dans leur viseur, le policé Macron, obligé de se justifier, non sans fébrilité, sur les donateurs de sa campagne.

 

 

Le « club des cinq » enfin réuni

« Pudeurs de gazelle » sur les affaires

 

Sur la moralisation de la vie politique, l’ancien Premier ministre, aux prises avec la justice, fait profil bas. Marine Le Pen, elle aussi dans l’essoreuse médiatico-judiciaire, fait comme si elle n’était pas concernée. Benoît Hamon et Emmanuel Macron se montrent beaucoup plus affables. « Cette campagne a été polluée par l’argent » soutient le socialiste. Jean-Luc Mélenchon, seul candidat à manier le verbe avec humour, profite de ce sujet pour moquer les « pudeurs de gazelle » de ses adversaires. A l’adresse des journalistes, il rappelle : « Seuls deux d'entre nous sont concernés par des affaires judiciaires ».

Au moment d’aborder la transition écologique, les 2 candidats les plus à gauche de l’échiquier politique semblent avoir plus travaillé que les autres.

 

« Quel modèle économique pour la France ? ». Sur ce 2ème thème, deux visions s’opposent.

Fillon et Macron veulent plus de liberté donnée aux entreprises tandis que Mélenchon et Hamon misent sur la défense des salariés. Se délectant de la discussion entre les 2 « ultra-libéraux », Marine Le Pen prône la défense de l’emploi français.

Sur les retraites, opposition classique droite-gauche. Professoral, Fillon défend la retraite à 65 ans, dénonçant les « illusions » des candidats de gauche.

 

« Quelle place pour la France dans le monde ? ». Sur ce 3ème thème, la représentante FN a réaffirmé son souhait de sortir de l’Europe, ce qui lui a valu les foudres du pontifiant François Fillon, l’accusant de semer un « chaos économique et social ». Jean-Luc Mélenchon s’est présenté comme le candidat de la paix. Benoît Hamon n’a pas manqué de souligner les ambiguïtés de ce dernier à propos de la Russie. A la fin du débat, Marine Le Pen s’en est prise à son concurrent direct, Emmanuel Macron, l’accusant de ne jamais « trancher » et d’être confus : « ça ne veut rien dire, on ne comprend rien ».

 

Pour clore le débat, chaque candidat a martelé son credo : « Vote utile » pour Hamon, « alternance » pour Fillon, « force du peuple » pour Mélenchon, « indépendance » pour Le Pen, et « renouvellement » pour Macron.

 

Une grande absente dans ce débat qui aura duré près de 3h30, l’Europe...

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