SCANDALES POLITICO-JUDICIAIRES : LA LOI DES SERIES

PRESIDENTIELLES 2017

Véritable feuilleton aux rebondissements multiples, jamais une élection présidentielle n’aura été marquée par autant de scandales et d’épisodes imprévisibles. Face aux accusations de toutes sortes, quels candidats tirent leur épingle du « jeu » ?

 

25 janvier 2017 : début d’une longue série de scandales. Un article du Canard enchaîné affirme que Pénélope Fillon a perçu 500 000 euros brut pour des emplois d'attachée parlementaire auprès de son mari, alors sénateur. L'absence de traces concrètes du travail de l’épouse de François Fillon conduit le journal à soupçonner que ces emplois seraient fictifs. Depuis ces premières révélations, de nouveaux éléments ne cessent d’être dévoilés, alourdissant, un peu plus chaque jour, les accusations pesant sur le candidat « Les Républicains ». Enfants employés comme assistants parlementaires, costumes à 50 000 euros, virements de Marie Fillon à ses parents pour rembourser son mariage… Difficile de s’y retrouver dans ce flot d’informations accablantes.

 

Face à cette crise, le parti de droite est au bord de l’implosion et le compteur des « lâcheurs » de Fillon est en constante augmentation (ils sont pour l’instant 296 selon le journal Libération).

 

Profitant du « déclin » de F. Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’érigent comme les nouveaux favoris en termes d’intention de vote au premier tour de l’élection présidentielle selon un sondage Harris Interactive du 9 mars.

Rejoint par François Bayrou, le candidat « En marche ! » a en effet gagné 5 points en 1 mois (26%). Il pourrait donc être le concurrent direct de la candidate FN au second tour.

 

A l’instar de François Fillon, Marine Le Pen est, elle aussi, confrontée à moult déboires judiciaires et à des accusations de corruption généralisée. Pourtant, contrairement au candidat LR, elle reste stable dans les sondages, recueillant 25% des intentions de vote au 1er tour.

 

Les deux favoris du moment passent à l’offensive

 

Marchant sur une bonne dynamique, Emmanuel Macron n’a pas manqué, lors de la présentation de son programme « Contrat avec la nation » le 2 mars, de s’en prendre vivement à ses deux principaux rivaux, François Fillon et Marine Le Pen. Visés par des affaires d’emplois fictifs, il les a accusés de "s'attaquer délibérément à l'État de droit" en s'en prenant à la justice. C’est donc comme le candidat « honnête et droit » de la campagne que Macron s’est présenté, faisant ainsi un joli pied de nez à Fillon qui, lors des primaires de la droite, s’était érigé comme tel.

 

Marine Le Pen a, quant à elle, affirmé dans l’émission « Punchline » sur C8 qu’elle n’était « pas la candidate du Front Nationale », mais une candidate soutenue par le FN. En instaurant cette nuance, elle espère ainsi attirer de nouveaux électeurs, notamment une partie de l’électorat de droite –soutenant jusqu’alors le clan Fillon-.

 

Le club des cinq se réunira prochainement

 

La nouvelle fait grincer les dents. TF1 a annoncé la tenue d’un débat sur ses plateaux le 20 mars. Une rencontre qui réunira les cinq « principaux candidats » à l’élection, François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. A l’image de Nicolas Dupont-Aignant qualifiant la méthode de « viol démocratique », les « petits candidats », eux, en seront exclus. Ceci n’est pas sans poser question quant à l’équité de la campagne présidentielle.

 

Ce débat permettra-t-il aux électeurs de mieux cerner les programmes de chacun et de faire leur choix ? Affaire à suivre…

Toujours est-il que, au regard des différents mises en accusations ayant entaché simultanément le candidat LR, la candidate FN, et plus récemment Emmanuel Macron (transparence quant à son patrimoine et suspicion de délit de favoritisme concernant l’organisation d’une soirée à Las Vegas en 2016 -où Macron, alors ministre de l’économie, avait rencontré des entrepreneurs français-), le débat pourrait bien dévier de son objectif initial et tourner à l’affrontement personnel.

Il n’est pas exclu, en effet, que les 2 seuls candidats épargnés par les scandales (Hamon et Mélenchon) profitent de cette apparition médiatique pour attaquer de front leurs homologues, pouvant ainsi espérer gagner quelques points aux dépens de leurs adversaires.

Il n’est pas non plus déraisonnable de penser que, pour décrédibiliser la candidature de Hamon, ses rivaux présenteront son programme comme irréaliste et réaffirmeront l’importance qu’ils accordent à la valeur travail dans la société.

Fillon et Le Pen pourraient, quant à eux, profiter des réprobations des uns et des autres pour rappeler que ce qui compte en période d’élections est le débat de fond plutôt que les offensives inter-partisanes.

En somme, difficile de dire qui sortira gagnant de ce débat, et si gagnant il y aura tant les affaires politico-judiciaires ont pris le pas sur les projets et programmes politiques de chacun des candidats…

 

Face au choix de la première chaîne de ne réunir que les 5 « principaux candidats », France 2 les conviera tous un mois plus tard. Cette nouvelle rencontre permettra-t-elle d’élever le débat dans cette campagne maculée par les accusations et mises en examen des uns et des autres ? La question mérite d’être posée.

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