Donald Trump et le ministre saoudien de la Défense affichent leur "entente cordiale". (Google.fr)

Donald Trump et le ministre saoudien de la Défense affichent leur "entente cordiale". (Google.fr)

Pour son premier voyage au Moyen-Orient, Donald Trump s’est rendu dimanche à Riyad avant de s’envoler pour Israël. Devant un parterre de chefs d’Etat et de premiers ministres arabes, il a affirmé son soutien aux deux grands rivaux de l’Iran chiite, l’Arabie Saoudite sunnite et Israël.

 

 

Coïncidence ou ruse savamment orchestrée ? Au moment où une majorité d’Iraniens (57%) vient de plébisciter l’ouverture de leur pays en accordant un deuxième mandat au président réformiste Hassan Rohani, Donald Trump a affiché, sans détour, son souhait de rompre tout dialogue avec l’Iran. Il a d’ailleurs invité, depuis Riyad, toutes les nations à « l’isoler ».

En s’érigeant comme allié indéfectible de l’Arabie Saoudite sunnite et d’Israël, le 45ème président des Etats-Unis a ancré sa politique moyen-orientale dans une sorte de guerre froide entre deux camps ennemis : Américains, Arabes sunnites et Israéliens d’un côté ; Russes, Iraniens et leur protégé syrien de l’autre.

Ce premier voyage de Trump à l’étranger a été l’occasion pour Riyad et Washington de renforcer leur partenariat stratégique, immédiatement concrétisé par la signature de contrats gigantesques d’un montant total de 380 milliards de dollars. Une somme colossale dont 110 milliards sont consacrés à l’armement, dans un Moyen-Orient plus tourmenté que jamais, où Téhéran et Riyad se livrent des guerres par procuration,

notamment en Syrie, au Yémen et en Irak.

 

Ce « nouveau départ » des relations américano-saoudiennes n’est pas du goût de tout le monde puisque qu’il signe vraisemblablement l’aggravation de la fracture entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.

 

Discours de Trump à Riyad, un « show sans valeur politique »

 

« La réunion en Arabie Saoudite était un show qui n’a aucune valeur politique ni concrète » a déclaré Hassan Rohani, après les attaques répétées du président américain envers le peuple iranien.

 

Rejetant en bloc les accusations de soutien au terrorisme proférées par Trump et le roi Salmane d’Arabie Saoudite contre l’Iran, Hassan Rohani a également dénoncé le manque de discernement et de connaissance des Etats-Unis sur le Moyen-Orient. « Malheureusement, les Américains se trompent toujours concernant notre région : quant ils ont attaqué l’Afghanistan, ils se sont trompés, quant ils nous ont imposé des sanctions, ils se sont trompés » a-t-il déclaré. « Ils se sont trompés en Syrie, et si vous connaissez un exemple où ils ont agi sans se tromper, dites-le moi » a-t-il conclu, ironique.

Le président iranien a, en outre, souligné qu’il était impossible de « résoudre le problème du terrorisme simplement en donnant à une superpuissance l’argent de [son] peuple », faisant ainsi allusion à Donald Trump et au contrat, plus que lucratif, convenu avec Riyad.

 

Actuellement en Israël, le président américain doit éviter, autant que faire se peut, d’envenimer le conflit le plus symbolique dans le monde arabe, opposant les Israéliens aux Palestiniens. Or, jusqu’à présent, il a surtout ajouté de l’huile sur le feu, attisant le conflit entre Riyad et Téhéran…

 

Après Israël, Donald Trump doit se rendre dans les territoires palestiniens, au Vatican ou encore à Bruxelles jeudi. Un premier voyage à l’étranger qui n’a pas fini de faire parler de lui…

Retour à l'accueil